Fusion entre startups : comment éviter le crash ?

Jérémie Sicsic

Nous l’avons annoncé le 17 novembre, Swile intègre une 2ème entreprise à bord 🚀

Après Sweevana, plateforme de bénéfices employés dédiée aux CSE, Swile rachète Briq pour développer l’app ultime d’engagement des employés

L’occasion de revenir sur les facteurs clés de succès d’une fusion entre startups. 

Je vous le concède d’emblée, il faut un alignement parfait des planètes pour qu’une opération de ce type aboutisse et soit couronnée de succès. Quelles sont ces planètes ? Et comment faire pour les aligner ?

Prenez place. Accrochez vos ceintures et installez-vous confortablement pour ce petit voyage intergalactique dans l’univers des fusions réussies 👩‍🚀🪐✨

Saturne (Cronos) ⏳

L’heure, c’est l’heure ; avant l’heure, c’est pas l’heure ; après l’heure, c’est plus l’heure nous disait Jules Jouy. Si le poète savait à quel point son aphorisme s’appliquait bien à notre propos !

Le temps – ou time-to-market pour la version anglosaxonne – s’applique aussi bien au succès des startups en démarrage que pour celles qui sont rachetées. 

Seulement voilà la difficulté : le temps est un animal indomptable. Sa maîtrise nous échappe la plupart du temps. Et c’est la raison pour laquelle les réussites entrepreneuriales tout comme les fusions réussies entre startups sont si rares. 

Pour que le timing soit le bon, il faut que le produit et le marché soient suffisamment matures. Il faut également que les entrepreneurs soient prêts à vendre ou a contrario à faire de la croissance externe. La chance y est donc souvent pour quelque chose.

Mais la chance n’est pas orpheline. D’où l’importance de la 2ème planète.

Venus 💜

Déesse de l’amour, Venus a quelque chose à voir, d’une manière ou d’une autre, avec le rapprochement entre deux startups. Car avant tout, il s’agit d’une histoire entre un ou plusieurs entrepreneurs.

Alors bien entendu, il ne s’agit pas d’une histoire d’amour (le cas échéant ça ne nous regarde pas). Il s’agit plutôt d’une histoire de fit – d’atomes crochus entre êtres humains qui vont devoir co-construire un nouveau projet, ensemble.

D’ailleurs, ne parle-t-on pas de mariage entre entreprises ? Et ce n’est pas simplement à cause du contrat qui lie les deux parties. Pour que le mariage fonctionne, il faut d’abord qu’il y ait une adéquation entre les entrepreneurs, leurs idées, leur vision et leur projet. Mais il faut également qu’il y ait une compatibilité dans la durée. Et pour ça, il faut que les cultures d’entreprise soient compatibles.

Cérès (Déméter) 👩‍🎤

Bon d’accord Déméter est la déesse des cultures 🌾 et non de la culture 📖. Mais les grecs n’avaient pas de dieu pour la culture…un comble ! 

Il n’en demeure qu’au-delà du fit personnel entre entrepreneurs, ce qu’on appelle le fit culturel est tout aussi primordial. Qu’est-ce que cela signifie ? Et bien tout simplement que les entrepreneurs partagent les mêmes valeurs, ont la même conception de la manière dont l’entreprise doit être organisée, des compétences douces (voyez, on se soigne niveau anglicisme 😅) des employés, ou encore des rituels d’équipe.

L’alignement sur ce que doit être une bonne culture d’entreprise est nécessaire pour que le rapprochement entre deux entreprises fonctionne sur la durée. Car passée la lune de miel 🌝après l’acquisition, c’est bien la culture d’entreprise qui fera ou dé-fera le succès de l’opération.

Mercure 💵

Évidemment, le dieu du commerce y est pour quelque chose dans tous projets de fusion acquisition. Il faut que les synergies business soient présentes, et idéalement que l’opération permette non pas seulement d’additionner les revenus, mais de les multiplier. 

Dans le cadre d’une acquisition early-stage, on s’intéressera en priorité à la taille du marché adressable (TAM) à l’issue de l’opération, et au taux de croissance du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Dans le cadre d’une acquisition late-stage, on s’intéressera davantage à la part de marché et au niveau de rentabilité de l’entreprise.

Mais que serait le business sans le produit, et en particulier ce qui fait sa valeur : la technologie !? 

Soleil (Vulcain) 📟

Je n’ai pas non plus trouvé de dieu/déesse/planète liée à la technologie. Enfin si. Car à l’époque romaine, le feu était une sacrée technologie ! 🔥

Chaque époque apporte son lot de technologies disruptives. Et aujourd’hui, ce sont surtout les entreprises qui sont à la frontière technologique. Et les entrepreneurs l’ont bien compris ! 

Le produit, et la technologie qui va avec, peut parfois être à lui seul une raison suffisante pour souhaiter acquérir une société. 

Une raison suffisante mais pas nécessaire pour autant : encore faut-il que le produit soit intégrable dans celui de l’acquéreur, qu’il puisse passer à l’échelle, et que la techno (autrement dit le code source) soit propre. Propre au sens bien écrit, mais si la techno est verte c’est encore mieux !

Conclusion 💫

C’est bientôt la fin de ce voyage, et c’est pour moi le moment de conclure.

Vous l’aurez compris, une opération de fusion acquisition n’est pas un long fleuve tranquille. A fortiori quand ça se passe entre startups ! Il faut a minima que 5 planètes soient alignées :

  • Le temps avec Saturne
  • Le fit avec Venus
  • La culture avec Cérès (planète naine entre Mars et Jupiter si vous vous posez encore la question) 
  • Le business avec Mercure
  • Le produit/technologie avec le Soleil

Allez, comme on est sympa, on vous donne un moyen mnémotechnique pour vous souvenir de ces 5 planètes et réussir à les aligner : S(t)A(r)TUps VENez (l)Ébrer ce MERveilleux SOLEIL. 

Si vous ne vous en souvenez pas, ce n’est pas grave, on aura tout de même essayé 😅

Pour aller plus loin, découvrez mon interview réalisée pour le Podcast Exitroots. Je reviens notamment sur l’expérience de revente de Briq et donne quelques conseils côté acheteur.