Vacances et déconnexion : les clés du succès.

Solène Cornec

Quelle attitude adoptez-vous pendant les vacances ? Faites-vous partie de ceux qui déconnectent tellement qu’ils en oublient leur téléphone lorsqu’il partent à la plage ? Ou alors êtes-vous accroché·e à votre téléphone comme un moule à son rocher ? 

Si vous êtes là,  c’est qu’à priori vous êtes soit curieux, soit accro à votre smartphone. Dans tous les cas, cet article vous montrera pourquoi la déconnexion est importante, et comment faire. Spoiler alert : tout est dans la confiance et l’anticipation. 

Vous êtes hyper-connectés ? 

Si vous faites partie de ces derniers, sachez que vous n’êtes pas seul·e. Pendant leurs vacances, les Français sont 71% à répondre aux emails et aux appels professionnels. S’il est tentant d’emprunter cette voie, pour éviter une déferlante d’email et de dossiers en retard à la rentrée, elle n’est pas sans danger pour la santé mentale. 

Plus de 79 % des Français considèrent qu’un suivi constant pendant leurs congés permet un retour au travail beaucoup plus serein. Et ils n’ont pas tort : “garder le rythme” permet de moins ressentir les effets de fatigue créés par le travail. Cette perception est toutefois erronée. Si elle fonctionne un temps, à moyen terme le manque de repos mental et physique peut avoir des effets pernicieux comme l’anxiété ou le stress. Et à long terme exposer à des risques psycho-sociaux ou cardio-vasculaires importants.👨‍⚕️

Et il y a le fameux FOMO (Fear Of Missing Out). De la même manière que vous scrollez à l’infini sur votre feed Instaram, vous faîtes de même sur vos applis de travail (Slack, Teams, mail…) de peur de louper une info.

En théorie, c’est le moment que vous choisissez pour suspendre toutes les notifications de vos applications de boulot… 

Cela étant dit, pour pouvoir se déconnecter, encore faut-il que les planètes soient alignées : vous, votre équipe et l’entreprise. 

Anticipez pour mieux déconnecter 

Vous connaissez votre boulot, vos échéances, vos objectifs, vous avez donc toutes les clés en main pour anticiper les semaines à venir : qu’est-ce qui doit être fait et quand ? Et qui peut le faire en votre absence ? Ça, c’est la première étape : l’organisation. 

Organisez et priorisez les tâches à venir, prévenez les parties prenantes tant en interne qu’en externe, avertissez toutes les personnes concernées par vos projets et faites un état des lieux. Puis, trouvez des back-ups : qui peut se charger de quelle tâche en votre absence ? Enfin, établissez un document partagé de suivi de vos tâches. 

Mais une bonne organisation ne vaut rien (ou presque) sans un chouïa de discipline pour ne pas céder à la tentation lors de vos vacances. Ouh, le vilain mot. La discipline fait peur. Elle résonne aussi négativement que le miracle morning perd de ses adeptes. Promis, ici, il y a seulement deux objectifs : suspendre toutes les notifications « boulot » de votre téléphone (mail, etc.) et vous retenir de contacter les membres de votre équipe. 

Si toutefois vous n’arrêtez pas de penser au boulot, et que vous avez mille idées à la minute, ouvrez une note “Retour de vacances” sur votre smartphone et libérez vous de toutes ces idées en les mettant sur le papier (enfin l’écran, plus exactement). Telle une boîte à idées, rouvrez-la à votre retour. 

Les clés du succès pour des vacances réussies 

La plupart du temps, nous choisissons de travailler pendant nos vacances parce que nous redoutons que la boutique ne tourne pas sans nous. En prime, tout le monde sait que “les absents ont toujours tort”. Ici se sont plusieurs notions qui s’entremêlent. 

Vous n’êtes pas indispensable (pardon)

Tout d’abord, que vous soyez manager ou pas, si l’entreprise est composée de plus de deux personnes, vous n’êtes pas indispensable. Ouch, c’est difficile à entendre. Mais ne vous inquiétez pas, voici l’explication. 

Si nous sommes guidés par une culture du présentéisme extrêmement forte, si nous avons parfois cette sensation d’épée de Damoclès au-dessus de la tête (“Et s’ils se rendaient compte que je ne suis pas indispensable ?”), montrer que vous n’êtes pas indispensable montre surtout que vous faites bien votre boulot. 

Pourquoi ? Parce qu’une bonne organisation ou un bon management tant pour la productivité que pour l’épanouissement implique de savoir déléguer, de ne pas avoir le contrôle sur tout, de ne pas avoir peur de solliciter les autres et donc de faire confiance. 

Le mot est lâché : la confiance

Si vous ne faites pas confiance à vos équipes (ou vos backups) pour la bonne réalisation des projets en votre absence, c’est sur cela qu’il faut travailler en priorité. À commencer par comprendre pourquoi : est-ce que cela vient de vous… ou d’eux ? Ont-ils fait quelque chose qui vous permet de douter ? Si cela vient de vous, lâchez du lest et apprenez à déléguer. Chaque collaborateur doit être autonome dans son quotidien. 

L’autonomie est l’un des principaux moteurs de l’engagement des salariés. Il prend tout son sens lorsqu’un des membres de l’équipe est absent. Chacun doit savoir ce qu’il a à faire, connaître ses priorités, et doit pouvoir fonctionner à effectif réduit, surtout en période estivale. 

In fine… 

Ces belles notions que sont la confiance et l’autonomie fonctionnent à une condition : qu’elles fassent partie de la culture d’entreprise. Elles doivent répondre à la vision que le(s) fondateur·ice(s), les managers, les ressources humaines se font du travail. À savoir un environnement propice à l’épanouissement des salariés où le droit à l’erreur est permis et où la cohésion d’équipe règne. 

C’est parti, l’heure est à la déconnexion. Décrochez, rechargez vos batteries – mais pas celles de votre téléphone – et profitez de cette bouffée d’air frais appelée vacances. ☀️