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Le télétravail est-il (vraiment) écolo ? 5 conseils pour télétravailler « plus vert »

6 min

L’utilisation intensive d’outils numériques par les télétravailleurs est énergivore et néfaste pour la planète. Mais télétravailler de façon plus économe et écolo reste possible ! Voici comment.

Selon une étude de l’Agence de la transition écologique (ADEME) menée en 2020, le télétravail a un impact écologique positif et négatif. Positif, car il réduit l’utilisation de la voiture pour se rendre au bureau. Négatif, car il augmente l’usage des outils numériques et du chauffage des habitations, très gourmands en énergie.

Les bons côtés du télétravail

Oui, le télétravail a des impacts positifs sur l’environnement : réduction des trajets routiers domicile-travail de 69 %, “avec des effets favorables sur la congestion et les émissions de gaz (à effet de serre)” lit-on. Bref, le télétravail, c’est un peu comme le charbon actif : ça déballone la tuyauterie ! L’ADEME prévoit une hausse du télétravail, qui passerait de 14 % actuellement à 35 %. On peut toujours espérer !

Il a aussi développé une pratique du coworking, des tiers lieux ou du flex office qui peut être bonne d’un point de vue social. Imaginez si nous n’allons plus « au bureau », mais dans un bureau proche de notre domicile, où on peut se connecter à ses équipes ? Nous aurions toujours une vie professionnelle, avec des collègues, des pauses café, des cantines… mais tout cela viendrait à nous ! 

On imagine les économies de temps, d’argent, le bien-être accru, notamment pour les parents qui pourraient davantage s’occuper de leurs enfants. Par ailleurs, les entreprises pourraient réduire leur surface de bureaux, faire des économies et libérer les m² pour créer de nouveaux logements, ce qui diminuerait le prix de l’immobilier et permettrait (peut-être) à nouveau aux classes moyennes de vivre en centre-ville.

Une idée à susurrer à l’oreille des Maires de capitales régionales… et des patrons, qui devraient revoir transformer leur façon de manager pour placer la confiance au cœur de la relation employeur-employé !

Gare à l’effet rebond !

L’effet quoi ? L’effet rebond, bien sûr, l’autre nom du paradoxe de Jevons. En bref : c’est quand une nouvelle technologie est censée permettre des économies d’énergie mais qu’elle… aboutit à des sur-consommations, à cause d’un comportement imprévu des utilisateurs. L’exemple type : le mail pour remplacer le téléphone. 

On avait pas prévu que les clients doubleraient leur email d’un coup de fil ! Conséquence : deux fois plus de boulot dans la bannette ! Par exemple, de nombreux parents conduisent toujours leurs enfants à l’école en voiture.

De plus, les télétravailleurs ont pris à leur charge les dépenses de chauffage, d’électricité, etc… de leur employeur. Or, comme celui-ci continue à avoir des bureaux opérationnels, la facture globale a augmenté d’environ 10 % selon une étude allemande.

Enfin, et c’est le plus important : le télétravail engendre une pollution numérique importante.

Depuis la mise en place des premières mesures de confinement en mars 2020, nous avons augmenté nos consommations d’internet et de données mobiles de 30 %. Et la part du numérique dans les émissions de gaz à effet serre est passée de 4 % à 6 %. 

Les principaux soucis restent la visioconférence et l’augmentation des déchets numériques liée au renouvellement des équipements. Selon une étude signée BNP Paribas, 83 % des entreprises françaises ont partiellement renouvelé leur parc informatique pendant la crise de la Covid-19 pour assurer la continuité de leurs activités. Ça fait beaucoup d’ordinateurs envoyés à la casse ! Or, seulement 17 % de ces 54 millions de tonnes de déchets électroniques sont recyclés !

Bref, le gain écologique est modeste et parfois même négatif selon les circonstances. Aïe !

5 façons de télétravailler plus vert

1. Des visioconférences plus sobres

Comment organiser « visio sobre », qui consomme moins de bande passante et d’énergie pour alimenter les serveurs ?

D’abord privilégier le son : on peut échanger en consommant 96 fois moins d’énergie et en simplifiant la vie de tous (on est plus forcé de rester assis devant son écran, on peut se lever, ou manger, etc…). Et si votre boss affectionne les visio pour vous avoir à l’œil, proposez-lui de ne brancher la vidéo que lorsque vous prenez la parole.

Ensuite, partez en quête d’opérateurs alternatifs, dont les serveurs sont alimentés aux énergies renouvelables. Ne vous fiez pas aux comparateurs type Greenspector.com qui vous expliquent OKLM que Google Meet et Microsoft Teams sont les plus vertueux !

Il suffit de creuser pour voir que la plateforme Jitsi Meet est la plus éthique. Elle est d’ailleurs choisie par plusieurs opérateurs écolos, comme chatons.org ou infomaniak qui y héberge sa solution kMeet.

Pour vous aider, je vous ai fait une recherche sur le site de l’organisation Framasoft qui plaide pour un autre internet : voici le résultat de cette recherche.

Mais cette liste de systèmes de visio alternative n’est pas tout à fait exhaustive : il y manque  le “greenest” crewdle.com et le Français assemblee.io.

Bref, vous avez l’embarras du choix !

2. « Degoogliser » votre vie numérique

Les drive alternatifs écolos et éthiques sont légion. Car Google, c’est avant tout des millions de serveurs branchés à des méga-centrales électriques à charbon azerbaïdjanaises ou chinoises. Bonjour l’effet de serre !

Tournez vous vers Framasoft (encore eux) et leur gamme assez complète d’outils libres capables de concurrencer Google Docs ou Sheefts.

Je pense aussi au suisse Infomaniak, ou encore à Leviia. On peut compléter ce changement en choisisant un opérateur électrique vraiment écolo, comme Enercoop.

3. Hard ware : privilégier la seconde main

Plutôt que d’acheter des ordis ou écrans neufs, réparez ou achetez d’occasion !

4. Déconnecter, vraiment

Après une journée passée devant un écran, ne basculez pas sur une série ! Vous avez le droit à la déconnexion… et même un devoir de vous déconnecter. Il n’y a rien de pire que de passer son temps à switcher d’un écran « pro » à un écran « ludique » sans contact avec la vraie vie.

Alors, à la fin de votre temps de télétravail, sortez flâner, boire un verre entre amis, faire du sport, SANS regarder votre smartphone. L’objectif est de retrouver un contact humain véritable. Mais aussi lisez des livres, des BD ou des magazines papier. Le soir, écoutez des podcasts plutôt que de regarder des écrans, vous dormirez plus facilement !

J’espère que toutes ces alternatives vous ont inspiré et montré qu’une autre façon de télétravailler est possible !

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