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RSE : et si on commençait par la mobilité ?

Swile

Durée de lecture : 12 min
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RSE : et si on commençait par la mobilité ?

“92% de la population dans le monde respire un air ambiant trop pollué” (1). Problèmes environnementaux, transition énergétique, développement du numérique, quête d’égalité, amélioration de la mobilité… Aujourd’hui plus que jamais, le monde fait face à de nombreux enjeux sociétaux

En mettant en place une démarche RSE, les entreprises peuvent avoir un impact positif sur la société. Et s’il y a bien un point sur lequel elles sont capables d’avancer vite et bien, c’est la mobilité. La loi d’orientation des mobilités n’y est pas pour rien, de même que la pandémie qui a mis un véritable coup de pied dans la fourmilière.

Sensibilisés à l’écologie et aux problématiques environnementales, les salariés sont plus friands que jamais de nouveaux modes de transport plus propres. Que ce soit pour contribuer à une société plus verte, pour faciliter le quotidien de leurs collaborateurs ou pour améliorer leur image de marque, les entreprises ont une réelle carte à jouer en la matière.

Proposer des solutions de mobilité durable en entreprise répond aux enjeux d’écologie et de qualité de vie au travail. Dans quelle mesure ? Comment mettre en place cette démarche ? Quelles en sont les limites ? Décryptage.  

Entreprises, salariés et RSE : le combo gagnant 

Un peu d’histoire 

La RSE n’est pas née d’aujourd’hui. Elle découle en réalité de travaux menés par des managers américains dans les années 1950. Le constat était le suivant : si les entreprises ne se concentrent pas uniquement sur les profits réalisés mais aussi sur l’impact qu’elles ont sur la société, elles peuvent en tirer des bénéfices

Les premières réglementations posent les bases de la RSE moderne au cours des années 1990 et 2000, avec en France les lois NRE, les lois Grenelle puis les Lois de Vigilance, pour ne citer qu’elles. Les entreprises avaient alors l’obligation d’informer le public sur leur taux d’émission de CO2 et sur leurs performances économiques, environnementales et sociales. Elles étaient déjà incitées à adopter des stratégies spécifiques pour limiter leur impact. 

C’est là que la RSE entre véritablement en scène. Les entreprises qui ne voulaient pas se faire doubler par la concurrence ont été obligées d’investir dans cette démarche. Elle est ainsi devenue un outil de management, de communication et de développement, permettant à la fois d’améliorer l’image de marque de l’entreprise et la productivité en interne

Entreprises et RSE : où en est-on aujourd’hui ? 

La société a beaucoup évolué avec le digital. Le client est roi et il le sait. Plus exigeant et plus regardant sur la qualité de ses achats que jamais, il s’intéresse aux produits qui sont bons pour sa santé, respectueux de l’environnement et de la société.

Pendant longtemps les entreprises se sont concentrées uniquement sur leurs chiffres et leurs résultats, de manière très terre à terre. Une vision qui a encore la part belle dans de nombreuses structures. La performance économique reste évidemment un élément clé pour assurer la durabilité de l’entreprise. Néanmoins, la RSE s’impose de plus en plus dans le tissu économique français et international grâce au législateur. Les salariés poussent également les entreprises à s’intéresser à des notions telles que l’environnement, le social ou la qualité de vie au travail. En plus d’être un axe fort de la RSE, la QVT améliore les relations entre l’entreprise et ses collaborateurs et par la même occasion sa relation client (cf la symétrie des attentions). 

Malgré ces constats indéniables, malgré l’envie des consommateurs d’être plus écolos et responsables, malgré l’institutionnalisation de la RSE, les pratiques changent trop lentement. 70% des entreprises sont conscientes qu’elles doivent devenir sociétales mais 30% des organisations seulement ont mis en œuvre de réelles actions (4). C’est votre cas ? Laissez-nous vous donner quelques arguments pour vous lancer. 

Des salariés en quête de sens

Parfois qualifiés d ’empêcheurs de tourner en rond, les milleniums  (ou génération Y pour les intimes) préfèrent consommer auprès d’entreprises responsables. En rupture avec les générations précédentes, les moins de 40 ans veulent participer à une société plus juste et s’intéressent davantage aux problèmes environnementaux. Il faut dire qu’ils les touchent de près. Ainsi que leurs enfants. Et les futurs enfants de leurs enfants. Bref, cette génération remet en cause tous les codes qu’on connaissait jusqu’ici. C’est vrai pour le consommateur. C’est tout aussi vrai pour le collaborateur (et en plus, ça rime). 

Génération plus touchée par le chômage, les milleniums n’ont pas la vie professionnelle linéaire qu’ont connue leurs parents. Ils sont en quête de sens, de justice sociale, d’égalité homme-femme et d’un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle

“55% des collaborateurs considèrent que l’engagement environnemental ou social d’une entreprise est plus important encore que le salaire qu’ils perçoivent (2).” 

D’ici 2030, les milleniums représenteront 75% des actifs dans le monde. La RSE devient ainsi un argument de recrutement. C’est également le cas pour la génération Z. Plus décomplexée, indépendante et ambitieuse, cette génération est encore plus exigeante que la précédente. Il faudra faire preuve d’éthique et proposer un cadre de travail agréable pour attirer et fidéliser ces travailleurs du futur. En 2018, un manifeste pour un réveil écologique a d’ailleurs été signé par 30 000 étudiants français ne souhaitant pas travailler pour une entreprise dont l’impact sur l’environnement est négatif. 

Puisque les salariés cherchent à s’impliquer dans la RSE, il ne reste plus qu’à leur en donner l’opportunité, en commençant par exemple par la mobilité durable. 

RSE : Orienter son entreprise vers une mobilité plus responsable

Les mobilités durables répondent à la fois aux enjeux écologiques et aux enjeux de qualité de vie au travail des salariés. Se lancer dans la mobilité responsable est donc une excellente initiative. 

La mobilité durable, un petit pas pour la RSE, un grand pas pour l’écologie

Même si la période a été difficile pour tout le monde, la Covid-19 a bouleversé nos habitudes de transport en mettant un stop brutal aux trafics aérien et ferroviaire. Des mois de confinement-déconfinement, plus tard et un avenir climatique inquiétant ont poussé entreprises et salariés à s’interroger sur leurs modes de déplacement. 

Sur ce point particulier, la pandémie a été bénéfique. A titre d’exemple, elle a permis de mettre en évidence l’intensité des voyages professionnels et leur inutilité lorsqu’une visioconférence peut les remplacer. Désormais, de nombreuses entreprises ne se déplacent plus que lorsqu’elles en ont réellement besoin. C’est un premier pas, mais il est possible d’aller encore plus loin dans la mobilité durable. D’autant plus que le changement ne sera peut-être pas immuable. Rappelez-vous des fast-foods bondés après le 1er confinement quand tout le monde prônait une nourriture plus saine. Entre ce qui est dit et ce qui est fait, il y a parfois un fossé (je ne blâme personne, ça nous est tous arrivé un jour). 

La mobilité, au service de la RSE et… de la marque employeur

“Selon une étude réalisée par l’Institut CSA pour LinkedIn et l’ADEME (3), à offre équivalente, 78% des salariés préfèreraient rejoindre une entreprise engagée pour la transition écologique.” 

La mobilité durable apporte une réponse concrète à ce besoin en réduisant les nuisances liées au transport (émissions de CO2 et bruit entre autres). 

La mobilité durable offre d’autres avantages aux entreprises. Elle permet de :

  • Éduquer les salariés sur le concept de RSE. Palpable et compréhensible, la mobilité durable est un bon point pour commencer. Le salarié comprend rapidement l’intérêt de prendre le vélo plutôt que la voiture, tant pour l’environnement que pour sa santé. 
  • Améliorer les conditions de travail des collaborateurs. Diminution du stress sur la route, réduction des pertes de temps dans les bouchons, levier de lien social… Autant d’avantages concédés au salarié qui joue le jeu et met sa voiture de côté au profit du vélo, de la trottinette, de l’autopartage ou du covoiturage par exemple. 
  • Booster la productivité des entreprises en améliorant la qualité de vie au travail des salariés. 
  • Développer l’engagement des salariés, notion importante à une époque où plus rien (ou presque) n’empêche un jeune salarié de quitter son entreprise pour une autre. Et ce phénomène est amené à se renforcer avec l’arrivée sur le marché du travail de la génération Z, zappeurs précoces. 
  • Valoriser les actions mises en place dans le cadre de la démarche RSE. Nombreuses sont les entreprises qui ne savent pas comment faire. Or, la mobilité durable est un secteur sur lequel il est facile de communiquer. Elles peuvent ainsi montrer aisément à leurs consommateurs, à leurs partenaires ou à leurs futurs collaborateurs la démarche responsable dans laquelle elles s’engagent. 

La mobilité durable fait de l’entreprise une entité plus vertueuse et contribue à bâtir une meilleure marque employeur. Elle n’en reste pas moins un investissement financier, mais qui rapporte de manière certaine à moyen-long terme. 

Et concrètement… comment on fait ? 

La RSE concerne toutes les entreprises. Si une multinationale peut proposer à ses salariés une flotte de véhicules électriques dans le cadre d’une démarche RSE, la facture peut vite grimper pour les TPE et PME. De même, les solutions de mobilités n’ont pas vocation à s’appliquer de la même manière à tous les salariés d’une entreprise. 

Mobilité durable : difficulté ou opportunité financière ? 

La plupart des normes qui définissent la RSE concernent plutôt les grandes entreprises, à l’image de l’obligation de reporting qui s’applique en fait aux structures de plus de 500 salariés. Peu de chances qu’une startup rassemblant 20 collaborateurs se sente impliquée donc. 

Pourtant, la RSE est un véritable outil de performance pour les TPE et PME, et les solutions de mobilité durable sont nombreuses : 

  • Modes de transport doux (marche, vélo, trottinette, rollers…).
  • Transports en commun (pour désengorger les voies et limiter les bouchons).
  • Covoiturage et autopartage. 

Si leur mise en place peut s’avérer compliquée et coûteuse de prime abord, certaines solutions sont parfaitement adaptées aux petites entreprises. Voici une liste non exhaustive d’options abordables qui peuvent être envisagées :  

  • Installation d’un parc à vélo ou mise à disposition d’un local.
  • Participation aux abonnements de transports en commun.
  • Sensibilisation des collaborateurs quant à leur impact sur l’environnement. 
  • Accompagnement des salariés qui cherchent à déménager à proximité de leur lieu de travail ou d’une station desservie par un transport en commun. 
  • Information sur l’offre de transports en commun à proximité des locaux de l’entreprise. 
  • Développement du covoiturage en interne.
  • Partenariat avec d’autres entreprises du secteur pratiquant le covoiturage.  
  • Mise en place du télétravail pour limiter les déplacements avec fourniture de l’équipement adéquat…

Applicable depuis le 11 mai 2020, le forfait mobilité durable peut également être proposé en entreprise. Avantageux pour le salarié, il lui permet d’être exonéré de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu dans la limite de 600€/an. L’entreprise profite elle-aussi d’une exonération de cotisations sociales. Un atout financier évident. 

L’intérêt des solutions de mobilité durable pour votre trésorerie ne s’arrête d’ailleurs pas là. L’entreprise bénéficie en effet d’une diminution de coûts directs relatifs aux :

  • Baisses d’arrêts maladie (les salariés étant plus épanouis). 
  • Besoins limités en places de stationnement.
  • Réductions de frais réels liés à l’utilisation de la voiture. 

Mobilité responsable : comment assurer l’équité ?

En plus d’être un sujet environnemental, la mobilité est un sujet sociétal. Le territoire n’a pas été aménagé pour permettre l’équité entre individus sur le plan du transport. 

« Ce sont ainsi ¼ des français qui n’ont pas accès aux transports collectifs à proximité de chez eux, ces derniers devant parfois allouer une part importante de leur budget à la mobilité. » 

A titre d’exemple, un déplacement domicile-travail de 20km en voiture coûte 250€ par mois environ. Pour rappel, un salarié francilien peut se rendre au travail pour moins de 40€/mois s’il prend les transports en commun grâce à la prise en charge légale de son abonnement par son employeur. Un constat frappant. ​​

Comment assurer l’équité dans une telle situation ? Même si la LOM laisse le champ libre aux communautés des communes pour intervenir et organiser le déploiement de services de mobilité inclusive, le défi est de taille. Les entreprises peuvent elles-aussi agir. Dans les villes où une majeure partie des déplacements se font sur une distance inférieure à 3 kilomètres, la marche, le vélo et les transports en commun sont des solutions de choix. Dans les zones isolées en revanche, il est possible de proposer des journées en télétravail et de développer un service de covoiturage ou d’auto-partage. Vous pouvez par exemple prendre en charge les trajets réalisés par vos salariés via Blablalines. La mobilité durable est en étroite corrélation avec la mobilité inclusive, et ce n’est qu’en permettant à la société de mieux vivre ensemble que nous pourrons trouver une réponse aux enjeux écologiques actuels.  

Évidemment rien n’est facile, et le changement fait peur. Mais à qui veut, rien d’impossible ! Les RH doivent être mis à contribution pour bâtir une stratégie RSE cohérente avec le fonctionnement de l’entreprise et les besoins exprimés par ses acteurs. La RSE est une problématique sociétale qui s’imbrique parfaitement avec une stratégie de ressources humaines. Vous l’aurez compris, les RH ont un véritable rôle à jouer dans l’ancrage de ces nouvelles pratiques RSE au quotidien. 

Entamer une démarche RSE par la mobilité durable, c’est possible ! 

Le monde de l’entreprise est dans une période de transitions fortes à laquelle il doit s’adapter. Porteuse d’envies et désireuse de voir les choses changer, les générations Y et Z peuvent participer à fabriquer une nouvelle version de la société, plus verte, plus engagée, plus responsable. L’entreprise vit-elle une nouvelle révolution ? C’est une certitude. Les transformations ont déjà débuté mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que la mobilité durable devienne la norme. Pour vous aider à mettre en place une solution de mobilité au sein de votre entreprise, nous vous avons concocté un guide complet aux petits oignons. A vous de jouer pour relever ce beau défi !


Sources : 

  1. Le Monde
  2. Cone Communications, CSR Study, 2017
  3. Etude Institut CSA
  4. Deloitte, Tendances RH 2018
  • Entreprises, salariés et RSE : le combo gagnant 
  • RSE : Orienter son entreprise vers une mobilité plus responsable
  • Entamer une démarche RSE par la mobilité durable, c’est possible ! 

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