La machine à café versus la visioconférence : le match ultime !

Solène Cornec

la visioconférence va t’elle remplacer la machine à café ?

Bien plus que les festivals en été ou les soirées raclette en hiver, la machine à café est l’endroit où il faut être, toute l’année. D’ailleurs l’adage ne nous contredira pas : si tu ne bois pas de café à  50 ans, tu as raté ta vie. 

Au fil des années – et c’est une mauvaise nouvelle pour les buveurs de thé – la machine à café est devenue incontournable. L’un raconte sa retraite de Yoga en Andorre, d’autres refont le match de la veille et certains débattent des derniers résultats trimestriels. On s’y croise par hasard, on s’y donne rendez-vous, on s’y arrête lorsqu’une conversation nous intéresse,… Bref la machine à café, en temps normal c’est l’antre du lien social en entreprise. 

Voilà ce qui se passe quand on ne va pas à la machine à café !

Mais c’était sans compter sur une tendance de fond qui s’installe confortablement : le télétravail. Alors machine à café versus visio-conférence ? On compte les points ci-dessous. 

“Télétravail is the new machine à café” 

Depuis quelques années, un grain de café s’est glissé dans les rouages de la machine. Le télétravail est venu lui faire de l’ombre à grands coups de sofa et de temps de trajets réduits. Une tendance de fond, facilitée par l’accès à la technologie et au numérique, et renforcée en 2020 par la crise sanitaire du Covid 19. 

Google Meet, Zoom ou encore Microsoft teams ont fait une entrée fracassante dans nos vies et ont réinventé nos échanges via la visioconférence. Il est aujourd’hui bel et bien possible de suivre une réunion tout en lançant une machine. 

Un luxe pour tous ceux qui ont l’insulte facile au volant et qui courent à longueur de temps entre le bureau, les cours de piano de Sophie et les spectacles de Matéo. Le télétravail offre une flexibilité exemplaire et très attirante. 

Et ces derniers mois l’ont prouvé : les rues étaient vides mais les cerveaux bouillonnaient dans les chaumières et tout un chacun priait leur nouveau Dieu  – la fibre – de ne pas les laisser tomber sur ce coup-là. Même les entreprises qui n’y étaient pas favorables, s’y sont mises et surprise : elles y sont arrivées. 

Et pour l’ambiance, on fait quoi alors ? 

Le (télé)travail c’est la santé, disait-il. Oui mais… N’est-ce pas dommage de ne plus entendre le rire de Constance au bout du couloir, de croiser le regard d’Alexis lorsqu’il s’apprête à faire une blague, de sortir déjeuner à 2, 4 ou 10 ou encore de passer prendre un café à la fameuse machine avant d’entrer en réunion ? 

Il faut se rendre à l’évidence, même si le lien social peut-être conservé et entretenu à distance et grâce à la visioconférence, il se crée uniquement entre les quatre murs de l’entreprise et non ailleurs. 

Cette notion, étroitement liée à celle de la culture d’entreprise et de la cohésion d’équipe, prend racine dans la construction des valeurs, des rituels, des codes ou des comportements portés par un groupe. 

Le secret pour une dynamique de groupe fonctionnelle ? Passer du temps ensemble. Vos meilleurs amis ne sont-ils pas des gens avec qui vous avez passé un temps considérable ? Ces amitiés qui datent de mathusalem, entretenues à coup de parties de baby foot entre deux cours et d’heures de philos interminables ? 

Or, à distance, les temps d’échanges sont rares, limités, et demandent un effort supplémentaire : on ne les capte pas naturellement, il faut aller les chercher. Et dans ce cadre, la visioconférence n’a rien de naturel.

Qu’il se crée à la machine à café, dans l’open space ou lors d’un team building, le lien social est capital pour assurer la cohésion des équipes. Et il a été prouvé qu’une bonne cohésion d’équipe génère un sentiment de bien-être, crée un sentiment d’appartenance et entraîne une augmentation de la performance. 

On est pas bien là, au bureau, à la fraîche détendus du clavier ? 

Alors oui, de temps en temps rester chez soi, ça a du bon. Cela permet de faire une pause. Mais rien ne remplace les debriefs du lundi matin, les échanges de regards et le bruit des éclats de rire. Alors, on se prend un café ?