Série de l’été #2 – Comment faire passer une bonne journée aux coworkers ? Rencontre avec l’équipe Morning.

Solène Cornec

Après avoir parlé de la charge mentale dans le premier épisode de notre série de l’été, nous avons interrogé 2 femmes passionnées par l’épanouissement sur son lieu de travail. Anissa, (Responsable de la communauté) et Bérangère (Manager d’un espace de coworking et Responsable Sport et Bien-être) ont un objectif : faire passer une bonne journée aux coworkers des espaces Morning. Elles nous partagent leurs bonnes pratiques. 

Bonne lecture !

Quelle est votre vision du bien-être au travail ?

B :  Il s’agit d’un ensemble de différentes choses qui touche à la fois le cadre de travail, les routines (solitaire ou entre collègues), et forcément l’équipe dans laquelle on se trouve.

Et chacun, suivant sa personnalité, va avoir ses préférences… On peut être moyennement bien installé sur son bureau mais être satisfait de voir ses collègues. D’autres personnes préfèrent avoir beaucoup de choses à disposition : du café, du thé, des viennoiseries. Et faire ce qu’elles ont envie dans la journée. D’autres préfèrent passer du temps avec leurs collègues. Chez Morning, on est là pour faire passer une bonne journée aux gens. On se rend compte que chaque client, chaque équipe est très différente et que, de ce fait, beaucoup d’éléments y participent.

Effectivement, on rencontre plusieurs styles de personnalités. Comment faites-vous pour vous adapter et jongler entre ces différentes façons de faire ?

A : Les conditions pour passer une bonne journée de travail dépendent de la personne. On peut avoir un super poste et tous les avantages du monde, si on n’est pas bien, cela ne nous rendra pas heureux pour autant. 

Tout ce que l’entreprise va proposer pour faciliter le quotidien, comme un petit déjeuner gratuit au travail le matin, contribue à faciliter sa journée. On essaie de pousser au maximum tous ces services. Ils vont faire que la personne va résoudre ses problématiques depuis son poste de travail. 

“Le bien-être au travail est lié au fait d’être bien à sa place dans son job.”

On sort d’une période de crise de la covid compliquée pour tout le monde. Ce que l’on constate aujourd’hui comme tendance, c’est que les gens ont envie de se retrouver. Ils ont envie de créer des moments d’équipe. Ils se sont rendu compte que, par exemple, un espace de travail est important pour créer des moments de convivialité, informels. Et que le bien-être au travail passe par tous ces moments, que l’on ne remarquait pas avant le confinement car on pensait que c’était normal. C’est l’aspect positif que l’on peut retenir de cette crise de la covid. On a réalisé que les interactions humaines sont très importantes au travail et qu’elles répondent à un bien-être au quotidien. 

“Ce que l’on constate aujourd’hui comme tendance, c’est que les gens ont envie de se retrouver.”

B : Je pense que, pour Morning, c’est plus qu’une tendance, c’est une valeur. Morning pense que ce n’est pas parce qu’un collaborateur a du café ou des goodies gratuits que cela suffit. C’est « l’expérience » qui compte. Dans nos deux « branches » avec Anissa, c’est l’élément auquel on croit. Effectivement, la covid nous a ouvert la porte ; on propose quelque chose, et les gens sont très contents. 

Quelles sont les bonnes pratiques incontournables de Morning?

A : On a repris tous les onboardings physiques, c’est-à-dire les journées d’accueil des coworkers pour leur présenter l’espace. Ils sont très contents de découvrir physiquement le lieu avec quelqu’un, et tout le panel de contenus que l’on peut leur offrir. Ce panel regroupe : du contenu convivial (comme les petits déjeuners et les afterworks), des contenus inspirationnels et du contenu professionnel. On s’est aperçus que pendant le confinement, et même avant, on s’est tous rués sur des webinaires pour apprendre. Cette notion d’apprentissage est très importante. Depuis son espace, on peut apprendre des choses, rencontrer ses coworkers pour aller plus loin. 

“On propose du contenu convivial pour se retrouver, professionnel pour apprendre et inspirationnel pour rester motivé.” 

B : On peut aussi ajouter un programme de rendez-vous rituels, sportifs et bien-être. C’est un énorme plus de pouvoir pratiquer régulièrement sur son lieu de travail (ou en visio). Le sport et le bien-être sont importants. Que l’on parle de massages ou de sophrologie, tout l’aspect bien-être est lié à son corps. Cela complète son cadre de travail au même titre qu’une bonne chaise ou un bon bureau. La possibilité de se détendre, c’est basique, mais c’est ce qui est énormément demandé. 

“C’est un énorme plus de pouvoir faire du sport régulièrement sur son lieu de travail, ou en visio.” 

💡 Lors d’une journée-type, l’objectif est que la personne ait une expérience complète qui lui permette de rester concentrée sur ses tâches en se trouvant dans un lieu où elle se sent bien, un comptoir où l’on propose des boissons et de quoi prendre son petit déjeuner, un bureau très confortable, suivre un webinaire le midi en présentiel, dans son espace, avec une personne inspirante qui vient partager du contenu professionnel ou inspirationnel.

Par exemple, un cours de cardio après sa journée de travail avant de rentrer chez soi. Ou encore faire venir des coiffeurs, par exemple, sur la partie bien-être, ou faire des tests PCR. C’est un gain de temps. (Anissa)

Comment est mis en place ce genre de chose, c’est très cadré ?

B :  En ce qui concerne les séances d’ostéopathie et de kinésithérapie, on valide les partenaires auparavant, et c’est quelque chose qui se fait beaucoup dans les grandes entreprises. On vérifie les diplômes, les certifications, c’est très encadré. Pour les tests PCR, on a fait venir une  infirmière faisant partie d’un laboratoire, et habilitée à se rendre en entreprise. Avec des bons partenaires, c’est assez facile à mettre en place.

“La notion de bien-être au travail peut être un peu galvaudée, mais pour toutes les entreprises, c’est un vrai enjeu.”

A : Morning est un facilitateur du quotidien des salariés de nos entreprises clientes. C’est la raison pour laquelle nous avons créé un panel, que nous enrichissons au fur et à mesure. Sur la partie bien-être, nous faisions venir une réflexologue une fois par mois, plébiscitée et payée par les coworkers.

Nous avons juste facilité la rencontre entre cette réflexologue et nos coworkers, avons mis une salle à sa disposition, avons géré sa communication. Ensuite, c’est elle qui s’est fait sa patientèle. Et les personnes sont très contentes de pouvoir prendre ces 20 minutes de pause dans la journée pour voir une professionnelle. Même si les gens paient, ils apprécient beaucoup d’avoir un moment de détente, un moment pour eux dans leur espace de travail.

Il existe aussi des salles de sieste, pour pouvoir prendre une petite pause de 20 minutes après le déjeuner et se ressourcer

Une question pratico-pratique : comment mettez-vous en place une action ? Quelles sont les personnes dédiées, comment prioriser, gérer la communication ? 

A : La base est de créer un rendez-vous de convivialité avec ses collaborateurs. C’est très simple, il s’agit de caler une journée par mois, une sorte de journée rituel. Dans les start-up, cela va être le jeudi soir avec un verre pour que les collègues puissent se retrouver. Cela se faisait avant et cela va revenir. Puis ensuite, de réfléchir aux questions suivantes : avec quel budget, dans un espace dédié au travail ou à l’extérieur ? On peut également se retrouver autour d’un petit déjeuner une fois par mois. Ou encore créer un moment de rencontre pour partager les objectifs du mois, les réussites, etc. Il s’agit de créer un rituel. 

“Même si certaines personnes sont du matin, d’autres du soir, on parvient toujours à faire adhérer quasiment tout le monde à l’activité. La motivation est là, et c’est le rendez-vous régulier qui fonctionne”

B : Pour la partie sport, c’est un peu difficile de trouver une pratique qui plaise à tout le monde. La vraie force de cette action reste le rituel. Il faut aussi savoir en changer, s’adapter en fonction du budget. Il y a de nombreux acteurs du sport en entreprise aujourd’hui, car le sport est un sujet très tendance depuis quelques années. La clé est la régularité. Même si les débuts peuvent être un peu difficiles, avec peu de participants, on ajuste : on revoit l’heure, le format. L’envie est là, mais les salariés sont souvent rattrapés par le quotidien, il faut leur faciliter la vie.        

Est-il préférable de recueillir les avis des équipes d’être force de proposition ?

A : Pendant le confinement, Bérangère a mis en place les découvertes du vendredi, avec une découverte sport ou bien-être chaque vendredi. Il y a eu beaucoup plus d’inscriptions à ces séances-là qu’à la séance crossfit du mardi. La découverte a créé un engouement très chouette mais difficile à tenir en ligne. Tester quelque chose de nouveau qui ne va pas marcher, ce n’est pas grave. Mais quand ça marche, cela fait un bien fou.

« Je pense qu’il faut à la fois leur donner satisfaction et les faire sortir de leur zone de confort. » (Bérangère)

A : Sur nos 25 espaces, nous avons des populations très différentes. Dans les espaces avec beaucoup d’indépendants, très jeunes, l’afterwork est devenu évident, ils le font même sans nous. Dans des espaces un peu plus matures, avec par exemple des parents, l’afterwork est plus compliqué ; en revanche, le petit déjeuner à 9 heures a beaucoup de succès. Les Morning managers de chaque espace vont s’adapter à l’environnement dans lequel ils sont, ils vont devoir tester des choses. 

Mon conseil serait de ne pas avoir peur de tester. Même si on a un “flop”. Il faut questionner ses collaborateurs sur les contenus, la fréquence et co-construire avec eux. C’est très important qu’ils deviennent contributeurs. 

Autre point important, c’est qu’il faut aller au bout de ce que l’on commence. On a commencé les massages il y a 3 ou 4 ans, et maintenant tout le monde les plébiscite. Certains masseurs sont des « mascottes ». A partir du moment où quelque chose a du succès, il faut le prévoir et le budgéter sur 1 an. Et ne pas l’arrêter en cours d’année. 

Avez-vous entrepris quelque chose qui n’a pas du tout fonctionné ?

B : Plein ! Mais c’est très lié aux espaces. Il n’y a pas eu un “flop” global.

A : Plutôt une tendance, pas un flop général. J’organise des webinaires en ligne depuis 1 an et demi en raison du contexte, avec beaucoup de succès. Mais, depuis 2 mois, les connexions sont divisées par 5. Je pensais avoir trouvé un format qui allait être pérennisé après le confinement. Je pensais que les gens avaient pris de nouvelles habitudes.

Le problème n’est pas le contenu, mais plutôt le format digital car il y en a eu beaucoup trop. Je pense qu’il y aura un rééquilibrage entre le digital et le présentiel en fin d’année, quand on va tous se retrouver. C’est un peu notre challenge de fin d’année chez Morning. 

Dernière question, mesurez-vous les participations ? Avez-vous un suivi, des résultats, des éléments tangibles ? 

A : Nous n’avons pas de chiffres en tant que tel, nous échangeons beaucoup avec les coworkers, nous avons un questionnaire de satisfaction semestriel, cela nous permet de comprendre les besoins. 

B : C’est une bonne question car on a beaucoup évoqué le sujet de la data. Comment savoir si c’est bien fait ou pas, surtout quand on prend de l’ampleur ? A part l’intuitif, c’est compliqué. Le questionnaire de satisfaction est notre clé d’entrée. On regarde aussi les inscriptions et la participation sur les activités proposées. Le défaut d’aller chercher de l’info et de multiplier les questionnaires. Cela empiète un peu sur le plaisir du participant lorsqu’il doit le remplir à la fin de chaque participation. Hors coworking, une entreprise pourra évaluer en fonction des inscriptions et des participations.

A : Une chose à souligner également, c’est d’être moteur. En travaillant sur toutes les animations, j’ai besoin que nos Morning managers soient moteurs et ambassadeurs. Il faut qu’ils adhèrent à ce que l’on fait. En entreprise, il faut aussi qu’il y ait des salariés moteurs, qui ont des convictions fortes sur la cohésion d’équipe, sur le fait que le bien-être passe par tous ces moments qui ne sont pas liés au travail. Malheureusement, je pense que beaucoup d’entreprises n’y croient pas. Certaines de mes copines n’ont plus droit au télétravail depuis la fin du confinement, elles n’ont plus aucun avantage ; ce sont des entreprises au fonctionnement archaïque. Il y a encore beaucoup de choses à faire pour « prêcher la bonne parole ». Peut-être que Swile y arrivera ! (ndlr : on espère !)

💡 Quelques idées d’actions à mettre en place :

“Gorille cacahuète”Cela consiste à prendre soin de quelqu’un de manière anonyme (on est le gorille de quelqu’un, qui est notre cacahuète), qui est aussi le gorille de quelqu’un, c’est une sorte de chaîne, et ce durant un mois, sans que l’autre devine qui on est. A l’issue de cette période, l’objectif est de deviner qui a été son gorille. On l’avait fait avant le confinement. Et donc, pendant un mois, tout le monde est sympa pour ne pas se faire « griller ». Généralement, sa cacahuète est une personne qui n’est pas dans son équipe, on fait un effort pour apprendre à la connaître, etc. On l’a mis en place dans certains espaces. Cela a bien fonctionné dans certains, ce qui a généré une manière différente de créer de la rencontre.

Les “Missions très possibles”Les gens devaient remplir des missions en équipes, prendre des photos, des vidéos et nous les envoyer. Gros succès, on a offert des team buildings aux gagnants.

“Gorille Cacahuète” et “Les missions très possibles” ont tellement bien fonctionné, que les équipes Morning ont décidé de les mettre en place en interne. Mais au fait, quelles sont les bonnes pratiques au sein des équipes Morning ? Marie, RH Talent Manager, nous livre ses secrets dans la deuxième partie de cette interview. Le cordonnier sera-t-il le plus mal chaussé ? 

Un grand merci à Anissa et Bérangère, et comme on dit : “il n’y a plus qu’à” !